Quels sont les KPIs attendus par les BA et les VC ?
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Vous avez franchi les premières étapes : votre start-up est lancée, votre équipe en place, vos premiers contrats signés. Le business model est validé par le marché. Mais pour passer à l’étape suivante, vous avez besoin de financement. Et pour convaincre des business angels ou des fonds de venture capital, il ne suffit pas d’avoir un bon produit : il faut parler leur langage. Ce langage, ce sont les KPIs.
Préparer son dossier : le pitch deck comme point de départ
Avant même de présenter vos KPIs, vous devrez constituer un pitch deck solide. Ce document est la carte de visite financière et stratégique de votre entreprise auprès des investisseurs. Sa préparation est un exercice exigeant, qui mérite un accompagnement professionnel.
Un pitch deck complet comprend généralement les éléments suivants :
- Présentation de l’environnement
- Historique de l’entreprise
- Profil des fondateurs
- Organigramme et dirigeants
- Description précise de l’activité
- Présentation des produits/services
- Avantages concurrentiels
- Évolution du chiffre d’affaires
- Comptes des 3 dernières années
- Business plan et budget
- Liste des actionnaires
- Schéma d’opération envisagé
Le volet financier constitue le cœur du dossier. C’est là que les KPIs entrent en jeu : ils permettent aux investisseurs de comprendre la dynamique réelle de votre activité, bien au-delà des simples chiffres comptables.
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Les KPIs incontournables pour convaincre les investisseurs
Les business angels et les VC ont développé au fil des années un ensemble d’indicateurs standardisés pour évaluer la santé d’une start-up. Ces KPIs sont particulièrement adaptés aux modèles récurrents comme le SaaS, mais ils s’appliquent plus largement à tout business à abonnement ou à revenus prévisibles.
Le Monthly Recurring Revenue (MRR) : mesurer la récurrence de votre chiffre d’affaires
Le Monthly Recurring Revenue est l’un des indicateurs les plus scrutés par les investisseurs. Il représente le chiffre d’affaires contractuellement sécurisé chaque mois, c’est-à-dire la part de votre activité qui est prévisible et stable.
Prenons l’exemple d’une start-up SaaS : si 40 clients ont souscrit un contrat générant 12 000 € de chiffre d’affaires annuel, le MRR se calcule comme suit. On normalise d’abord le revenu annuel par client sur une base mensuelle (soit 1 000 € par client), puis on multiplie par le nombre de clients. Le MRR s’élève donc à 40 000 € par mois.
Une variante fréquemment utilisée est l’ARR (Annualized Run Rate), qui consiste simplement à multiplier le MRR par 12. Cet indicateur est particulièrement utile lors des phases de croissance rapide : il permet de projeter la performance sur une année pleine, en s’affranchissant des effets de montée en charge. Un investisseur qui voit un MRR de 40 000 € en juillet peut ainsi immédiatement appréhender un ARR de 480 000 €, une donnée bien plus parlante pour valoriser l’entreprise.
Le Churn Rate : surveiller l’attrition de votre base clients
Le churn rate, ou taux de désabonnement, mesure la proportion de clients perdus sur une période donnée. C’est un indicateur de fidélité et de satisfaction : un churn élevé indique que votre produit ou service ne retient pas ses utilisateurs, ce qui constitue un signal négatif fort pour les investisseurs.
Concrètement, si votre churn annuel est de 8 %, cela signifie que vous perdez 8 % de vos clients chaque année. Toutes choses égales par ailleurs, cet indicateur doit être le plus bas possible. Les VC considèrent généralement qu’un churn annuel inférieur à 5 % est satisfaisant pour un SaaS B2B.
Il existe en réalité plusieurs variantes de cette formule selon la base de référence retenue pour le dénominateur : nombre de clients en début de période, en fin de période, ou moyenne sur la période. L’important n’est pas tant de choisir la “bonne” formule que de rester cohérent dans le temps. Changer de méthode de calcul en cours de route biaise l’analyse de l’évolution du churn et peut susciter la méfiance des investisseurs lors d’une due diligence.
Le Revenue Retention : aller au-delà du simple comptage de clients
Le revenue retention est un indicateur plus récent, mais de plus en plus prisé par les VC pour analyser les modèles SaaS. Il introduit une dimension qualitative que le churn rate seul ne capture pas : non seulement combien de clients vous avez perdus, mais aussi comment évolue la valeur de votre base clients existante.
Pour comprendre l’intérêt de cet indicateur, deux cas concrets s’imposent. Considérons l’entreprise MyCo, éditeur d’un logiciel de traitement de données distribué en SaaS, avec trois formules tarifaires :
| Formule | Prix mensuel |
|---|---|
| Base | 25 €/mois |
| Premium | 50 €/mois |
| Gold | 100 €/mois |
Dans le premier cas, MyCo a deux clients sur la formule Premium (100 € de revenus au total). L’un d’eux rétrograde vers la formule Base. Le churn rate est de 0 % : aucun client n’a été perdu. Mais le revenue retention s’établit à 75/100 = 75 %, révélant une dégradation qualitative du chiffre d’affaires que le churn seul masquait complètement.
Dans le second cas, présenté dans le tableau ci-dessous, la logique s’inverse :
| Client | Année 1 | Année 2 |
|---|---|---|
| Client A | Premium (50 €) | Gold (100 €) |
| Client B | Premium (50 €) | Résiliation |
| Total | 100 € | 100 € |
Ici, le churn rate atteint 50 %, un signal a priori alarmant. Pourtant, le revenue retention est de 100/100 = 100 % grâce à l’upgrade du client A vers la formule Gold. Le chiffre d’affaires est maintenu, et l’upgrade révèle une forte satisfaction chez les clients fidèles.
Churn et revenue retention sont donc des indicateurs complémentaires : ils racontent deux versions d’une même histoire et doivent systématiquement être analysés ensemble pour donner une image fidèle de la dynamique de votre base clients.
Le Burn Rate : piloter sa consommation de trésorerie
Le burn rate désigne la vitesse à laquelle une start-up consomme ses liquidités pour financer son activité. C’est l’indicateur qui permet aux investisseurs de comprendre combien de temps la société peut tenir avec ses ressources actuelles avant de devoir réaliser une nouvelle levée de fonds.
Prenons l’exemple d’une start-up qui lève 1 000 000 € le 1er janvier. Au 30 septembre, son solde de trésorerie est de 300 000 €. Elle a donc consommé 700 000 € en 9 mois, soit un burn rate mensuel de 77 778 €.
À ce rythme, avec seulement 300 000 € restants, cette start-up dispose de moins de 4 mois avant d’atteindre le point critique, ce que les Anglo-Saxons appellent le “zero cash date”. Ce délai, appelé runway, est un indicateur dérivé du burn rate qui conditionne directement le calendrier de la prochaine levée. En règle générale, les VC recommandent d’amorcer les démarches de financement au plus tard 6 à 9 mois avant cette échéance.
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Pourquoi maîtriser ces KPIs est décisif pour votre levée de fonds
Les KPIs présentés ici ne sont pas de simples chiffres à glisser dans un tableur. Ils constituent le socle narratif de votre pitch : ils permettent aux investisseurs de comprendre la trajectoire de votre activité, d’évaluer la solidité de votre modèle économique, et d’anticiper les risques. Un MRR en croissance régulière, un churn maîtrisé, un revenue retention supérieur à 100 % (signe d’upsell net positif) et un burn rate compatible avec votre runway sont les quatre signaux qui donnent confiance à un investisseur avant même d’avoir analysé en détail votre produit ou votre marché.
Mais collecter, fiabiliser et présenter ces indicateurs de manière cohérente est un exercice technique qui nécessite une rigueur méthodologique. Il faut disposer des données, savoir les extraire de vos systèmes d’information, et s’assurer que les définitions retenues sont constantes dans le temps. C’est précisément là qu’un accompagnement par des experts comptables spécialisés dans les start-ups prend tout son sens.
FAQ : Questions fréquentes sur les KPIs pour les BA et les VC
Quelle est la différence entre MRR et ARR ?
Le MRR (Monthly Recurring Revenue) représente le chiffre d’affaires récurrent sécurisé sur un mois. L’ARR (Annualized Run Rate) est simplement le MRR multiplié par 12. L’ARR est souvent privilégié lors des discussions avec les investisseurs car il donne une vision annualisée de la performance, plus facile à comparer aux multiples de valorisation habituellement utilisés (par exemple, un multiple de 5x l’ARR). En phase de forte croissance, l’ARR reflète mieux la dynamique actuelle que le chiffre d’affaires comptable de l’exercice précédent.
Quel churn rate est acceptable pour un investisseur VC ?
Il n’existe pas de seuil universel, mais pour un SaaS B2B, un churn annuel inférieur à 5 % est généralement considéré comme bon, et en dessous de 2 % comme excellent. Pour le B2C, les attentes sont différentes car la volatilité est structurellement plus élevée. Ce qui importe autant que le niveau absolu, c’est la tendance : un churn en amélioration constante est souvent perçu aussi favorablement qu’un churn faible mais stable. La cohérence de la méthode de calcul dans le temps est également scrutée lors des due diligences.
Qu’est-ce que le Net Revenue Retention (NRR) et pourquoi est-il important ?
Le Net Revenue Retention (NRR) mesure l’évolution du chiffre d’affaires généré par la cohorte de clients existants sur une période, en intégrant les upgrades, les downgrades et les résiliations. Un NRR supérieur à 100 % signifie que votre base clients génère plus de revenus cette année que l’année passée, même sans acquérir de nouveaux clients : c’est le signe d’un modèle avec de forts effets d’expansion. Les VC valorisent fortement ce signal car il traduit une croissance organique de la valeur client.
Combien de mois de runway faut-il avoir avant de lever des fonds ?
La règle communément admise est de disposer d’au moins 12 à 18 mois de runway avant de clôturer un tour de table, et de commencer les démarches au plus tard lorsqu’il reste 6 à 9 mois de trésorerie. Attendre trop longtemps fragilise votre position de négociation : un investisseur qui sait que vous êtes en urgence de trésorerie est en position de force. Un burn rate bien maîtrisé et un runway confortable vous permettent de sélectionner les meilleurs partenaires financiers plutôt que d’accepter les conditions du premier venu.
Faut-il forcément un expert-comptable pour préparer un dossier de levée de fonds ?
Si rien n’est juridiquement obligatoire, le recours à un expert-comptable ou à un conseil financier spécialisé est fortement recommandé. Les investisseurs professionnels soumettent systématiquement les dossiers à une due diligence financière rigoureuse. Des KPIs mal définis, des données incohérentes ou des projections peu documentées peuvent suffire à bloquer un tour de table. Un cabinet spécialisé vous permet de fiabiliser vos données, d’harmoniser vos définitions et de construire un discours financier crédible, des éléments déterminants pour emporter la confiance des BA et des VC.
Vous préparez votre levée de fonds ?
Notre cabinet accompagne les start-ups et leurs dirigeants dans la structuration de leurs indicateurs financiers, la préparation du dossier investisseur et l’accompagnement tout au long du processus de levée de fonds. Nous sommes disponibles pour un échange sans engagement sur votre situation.




